Les arbres de connaissances

Je viens de passer quelques heures sur le net au sujet des Arbres de connaissances de Pierre Levy et Michel Authier. Après avoir lu le livre de ces derniers (Les arbres de connaissances, La Découverte/Poche, éd. 1999). Plein de bonnes idées à relever. La lecture du livre (allez, ce n’est pas un pavé, faites un effort) est à mon avis nécessaire, les informations sur le net ne couvrent pas l’intégralité de l’approche qui est plutôt riche.
Je ne vais pas retranscrire ni résumer ici le sujet mais me contenter de quelques remarques.
Les arbres de connaissances s’inscrivent dans une démarche humaniste, de partage, de respect des singularités de chacun. Cela se veut une alternative réaliste et actuelle à la vision classique de la définition et de la reconnaissance des compétences en privilégiant l’individu ET son parcours d’apprentissage.
 
Dès la création du concept (lors des travaux de la mission publique pour l'université de France confiée par Edith Cresson alors premier ministre à Michel Serres et à laquelle ont participé Michel Authier et Pierre Lévy), une entreprise est créée : Trivium (http://www.trivium.fr/). Cet entreprise « porte » le concept et l’outille grâce à un logiciel d’analyse et de représentation desdits arbres. Une association complète le dispositif : arbor & sens.
 
Rien à dire là-dessus (les Concepts, tout sympathique soient-ils, ont souvent bien besoin d’une structure d’entreprise pour pouvoir se développer) si ce n’est de vous recommander vivement la lecture du paragraphe Trivium et le rapport au pouvoir de « Eclaircissement sur quelques fondamentaux des Arbres de connaissances ». Ceux que les rapports complexes entre idée généreuse, pouvoir et investissements nécessaires intéressent y trouveront matière à réflexion.

Un brevet sur l'algorithme

Personnellement, un détail m’interpelle : l’algorithme de classification qui permet le calcul d’un arbre à partir des parcours d’apprentissage serait (voir plus bas) protégé par un brevet. Marrant non ?
 
Dans « Principes Théoriques des Arbres de Connaissances® » (on remarquera le ®) les fondamentaux sont effectivement décrits.
 
Faisons maintenant une hypothèse : imaginons un instant que je donne des cours dans une école d’informatique… En tant qu’informaticien passionné de ces aspects depuis des années, j’aurai déjà deux ou trois idées que j’aimerai tester au sujet de la modélisation des compétences et il me viendrait (pure hypothèse donc) l’opportunité de mettre en pratique ces idées.
Et là, brusquement, je me dis : « Tiens, je vais intégrer à l’intranet le calcul des arbres de connaissances... »
Je fais également l’hypothèse que je saurai exhiber un algorithme sur la base de l’article cité précédemment. Croyez moi, ce que je vais pondre a certaines chances de ressembler beaucoup à l’original. Il sera certainement moins efficace (mais les volumes dont j’ai besoin sont faibles), ne disposera pas de la finition de l’original (mais j’en expérimenterai les réglages au fur et à mesure et en fonction de mes besoins), ne sera pas industrialisé (mais sera complètement dédié à et intégré dans l’architecture qui m’intéresse).
 
Que se passera-t-il ? Je n’en sais rien.
Les idées ne sont pas brevetables. Un algorithme est une idée. Et ici, on n’est même pas sur un algorithme, vraiment sur une pure idée (structurer un espace mathématique). Alors, à quoi sert ce brevet ?

Existe-t-il ?

Je n’ai pas réussi ni à confirmer ni à infirmer l’existence de ce brevet. La seule allusion est dans un article critique de Josiane Teissier du Cereq de 1998, « Les Arbres de Connaissances : objet de controverse et expérimentations à suivre... ». Par ailleurs, rien à l’INPI ni à l’étranger semble-t-il.
Cependant, rien non plus sur l’algorithme lui-même.
Il semble en définitive que l’on se trouve là devant ce que les spécialistes en sécurité appellent la sécurité par l’obscurité… et son efficacité est reconnue comme faible sinon nulle.

Outlook et ses plugins…

Un ami a un problème de mail à supprimer automatiquement selon certains critères : les mails contiennent un identifiant et une révision, il ne faut garder pour un identifiant que la dernière révision. Le travail est à effectuer répertoire par répertoire au choix de l’utilisateur.  L’occasion pour moi de jeter un œil sur VSTO (Visual Studio Tool for Office) qui permet de développer (en .Net) des plugins pour Office.
Il y a quelques années, j’avais utilisé les Primary Interop Assemblies (PIAs). Cela fonctionnait bien que la programmation en C# soit assez désagréable (beaucoup de paramètres optionnels, d’où une utilisation intensive de System.Reflection.Missing.Value). VB.Net est certainement plus adapté.
 
En résumé, les modèles de projets de VS2008 (Add New Project > Visual C # > Office > 2003 ou 2007) utilisent les PIA et fournissent une couche supplémentaire autour des interfaces COM des applications Office. Apparemment, une attention toute particulière a été portée aux référencements circulaires des objets et autres joyeusetés qui ont toujours fait de ce type de développement un chemin de croix (les bons jours). Voir par exemple Outlook Shutdown and VSTO Add-ins.
En terme de développement, pas de souci majeur : sur ma machine, en ciblant Outlook 2007, le debugger lance Outlook, pas de processus oublié en mémoire. Rien à dire.
 
Mais, malheureusement, il faut cibler Outlook 2003. Alors qu’il semble trivial de déployer vers des Office 2007, faire un installeur pour la version précédente d’Office c’est tout un plaisir. D’abord, mauvaise surprise lorsque l’on rouvre le projet 2003 : il est automatiquement mis à jour en 2007 ! La solution est ici : Using VS 2008 to continue working on Office 2003 Add-ins. Ensuite, pour l’installation sur les postes clients, c’est beaucoup plus délicat. Voir Deploying Office 2003 Solutions with Windows Installer, et surtout, bonne chance.